TOURRE-MALEN Catherine [XXI]

Instructrice d’équitation, elle a été membre de la commission pédagogique de la Fédération française d’équitation de 1997-2005. Catherine Tourre-Malen est aussi maîtresse de conférences à l’université Paris XII et chercheuse à l’IDEMEC (Université Aix-Marseille). Ses thématiques de recherches s’orientent vers les phénomènes de féminisation dans les sports équestres ainsi que sur la marchandisation de l’équitation.

Plus d’informations (axes de recherche et bibliographie complète).

 

Le Mal-être des enseignants d’équitation : approche de sociologie qualitative, Mémoire de maîtrise de l’Université d’Angers sous la direction de Jean-Pierre Digard, 124 p.

-« Le Mal-être des enseignants d’équitation. Compte-rendu et interprétation d’une enquête menée auprès des enseignants d’équitation en 1999 », L’Équitation, Saumur/ ENE, n° 18, octobre 2000, pp. 30-32.

L’Équitation expliquée aux parents, Lausanne : Favre, 2000, 126 p.

Votre enfant souhaite monter à cheval ? Vous désirez lui proposer cette activité ? Ce petit livre répond aux questions que vous vous posez. A quel âge débuter ? La pratique de l’équitation est-elle une activité à risque ? Existe-t-il des contre-indications ? Faut-il commencer à cheval ou à poney ? Combien cela coûte ? Ce véritable mode d’emploi de l’équitation vous apportera une foule de renseignements sur le cheval et sur le monde des activités équestres. Ces informations vous permettront non seulement d’être à l’aise parmi les gens de chevaux mais aussi de devenir des parents de cavalier, acteurs de la pratique de leur enfant. Et qui sait, peut-être, cette lecture vous donnera-t-elle l’envie d’essayer, par vous même, un « brin » de galop ! (résumé non officiel)

-« Les à-côtés de l’équitation. Rapport à l’animal et pratique sportive», Etudes rurales, n° 165-166, 2003, pp. 133-146. Disponible sur Cairn.

En équitation, le rapport homme-cheval présente deux composantes principales : une composante technique et une composante affective. Cette dernière prend une nouvelle dimension avec l’entrée de l’équitation dans la sphère des loisirs et sa féminisation. Les expressions de l’affectivité envers le cheval, observées lorsque le cavalier, à pied, s’occupe de sa monture, sont particulièrement marquées chez les femmes. Leur comportement traduit une modification profonde des représentations du cheval qui tend aujourd’hui à être perçu comme un animal de compagnie plus que comme un auxiliaire de travail. Cette évolution va à l’encontre d’une des bases de l’équitation sportive, à savoir l’instrumentalisation du cheval.

-« Fortune et infortune du travail féminin : les femmes et l’emploi dans le secteur des sports et loisirs équestres », Equ’Idée, n° 46, 2004, pp. 35-41.

-« Des Amazones aux amazones. Équitation et statut féminin », Techniques & Culture, n°43-44, 2004. Disponible sur Revues.

Le mythe grec des Amazones nourrit les représentations de la femme à cheval et celles du matriarcat. Ces cavalières d’excellence vivent entre femmes et mènent la guerre au genre masculin. À l’inverse, la figure des amazones de l’Occident moderne est la manifestation d’une mise en position d’infériorité et d’une ségrégation des sexes. La technique de la « monte en amazone », qui met les femmes en équilibre précaire, est justifiée par les croyances liées à la nature féminine et à l’ordre social. La distinction entre hommes et femmes impose et résulte d’un « dressage » du corps féminin, intériorisé par les femmes elles-mêmes, au point qu’elles contribuent à le pérenniser. Le passage, dans les années 1930, de la monte en amazone à la monte à califourchon peut être interprété comme une avancée dans la voie de la désaliénation des femmes.

La féminisation des sports et des loisirs équestres : une avancée ?, thèse en anthropologie sous la direction de Jean-Pierre Digard, 2004.

Femmes à cheval : la féminisation des sports équestres, Paris : Belin, coll. Equitation, 2006, 300 p.

Le monde du cheval était, par tradition, masculin. Aujourd’hui, les femmes représentent les trois quarts des licenciés de la Fédération française d’équitation. L’étude de cette féminisation en aborde les aspects quantitatifs et qualitatifs, appréhendant ce phénomène comme l’indice de transformations profondes mais également comme un processus engendrant lui-même des transformations. Elle s’attache à une triple inscription thématique : les études sur les femmes, la sociologie du sport et l’anthropologie de la domestication animale. Amorcée à la fin du XIXe siècle, la féminisation des sports et des loisirs équestres débute par une révolution culturelle : le passage de la monte en amazone à la monte à califourchon. Bien que majoritaires de nos jours, les femmes ne sont pas présentes de façon homogène dans tous les domaines des activités équestres. L’observation des cavaliers  » en selle  » et  » à côté du cheval  » révèle une female attitude caractérisée notamment par la dimension sentimentale donnée à la relation à l’animal. Stimulée par la marchandisation des loisirs équestres, la diffusion des comportements féminins dans la culture équestre tend à rapprocher le statut du cheval de celui d’animal de compagnie, ce qui risque de compromettre son usage à plus ou moins long terme. Par ailleurs, la forme actuelle de l’équitation, en favorisant les attitudes maternantes et oblatives, contribue à la reproduction des schémas qui assignent les femmes à la sphère domestique et à l’ « élevage » des enfants.

Compte-rendu de l’ouvrage par Émilie Maj, « Catherine Tourre-Malen, Femmes à cheval. La féminisation des sports et des loisirs équestres : une avancée ? », L’Homme, n° 185-186, 2008, pp. 529-533. Disponible sur Revues.

-« Évolution des activités équestres et changement social en France à partir des années 1960. », Le Mouvement Social, n° 2292009, pp. 41-59. Disponible sur Cairn.

Au cours des quarante dernières années, les activités équestres ont connu, en France, de grands bouleversements : massification, féminisation, juvénilisation de la population cavalière, émergence de l’équitation de plaisance, fusion des institutions, diversification des pratiques, développement des centres équestres, accroissement du secteur privé, révolution des méthodes d’enseignement, diffusion des sensibilités animalitaires… Trois d’entre eux sont particulièrement significatifs et qui plus est très fortement imbriqués les uns dans les autres : la féminisation des sports et loisirs équestres, la juvénilisation de la population cavalière et la marchandisation de l’équitation. Reflets de l’évolution de la société française, ces changements soulignent la porosité du milieu équestre. Ils constituent un excellent révélateur de mutations sociales et culturelles plus larges qui ont marqué la société française à partir des années 1960.

-« Femmes, libérez-vous : mangez du cheval ! », Cheval-Chevaux, n° 5, printemps-été, 2010, pp. 111-117.

-« L’équitation d’amazone, entre tradition et modernité, entre abandon et réhabilitation » in P. Franchet d’Espèrey (ed.), L’équitation française, le Cadre-Noir-Saumur et les écoles européennes. Doctrines, traditions et perspectives, Ecole Nationale d’Equitation/Cadre noir de Saumur, Paris : Lavauzelle, 2011, pp. 353-362.

-« L’équitation des dames ou le poids des convenances / The ladies’ riding or the importance of propriety », in Ecuyères, Chantilly : Domaine de Chantilly/ Musée vivant du cheval, 2012, pp. 20-21 ; pp. 47-48.

-« L’équitation au XXe siècle : féminisation et révolution pédagogique » in Equitation(s). L’art et la manière de monter à cheval. XVIe -XXe siècles, Catalogue d’exposition, Château de Caen/ Musée de Normandie, 2014, pp. 56-59.

-« Travail du cheval d’instruction, cheval d’instruction au travail : principes hérités et innovation au quotidien. Regard critique sur le patrimoine équestre », In Situ : revue des patrimoine, Ministère de la culture, 2015. Disponible sur Revues.

Tandis que les professionnels du secteur s’accordent sur l’impératif de disposer d’une cavalerie de club fiable, polyvalente, facilitant l’accès du plus grand nombre à l’équitation, permettant un enseignement dans des conditions de sécurité maximales tant pour le pratiquant que pour l’enseignant ou l’animateur, se manipulant aisément…, les chevaux d’instruction ne font l’objet, eux, ni d’un élevage, ni d’une formation spécifiques ; choisis souvent davantage en fonction de critères économiques que sur les qualités qu’exige leur utilisation, ils apprennent souvent aussi leur « métier » sur le tas. C’est ce bricolage au quotidien, parfois bien éloigné des principes qui font la grandeur du patrimoine équestre français, que je me propose de mettre au jour en m’appuyant à la fois sur ma propre expérience d’enseignante d’équitation et sur une enquête de terrain amorcée à l’occasion de mes travaux sur la féminisation de l’équitation et élargie depuis aux évolutions récentes des activités équestres.

-« Vers une féminisation du régiment de cavalerie de la Garde Républicaine ? » in C. Weber (dir.), Les femmes militaires, Rennes : Presse Universitaire de Rennes, 2015, pp. 161-176.

-« L’art des écuyères : transgression ou reproduction des stéréotypes de genre ? », Ethnologie française, n° 161, 2016, pp. 59-70. Disponible sur Cairn (accès payant)

Sur les pistes de cirque, les écuyères furent libres de faire comme les hommes, de leur emprunter leur répertoire (l’équitation académique). L’article montre que cet emprunt pouvait s’opérer sans que la frontière entre le masculin et le féminin ne se brouillât. Elles respectèrent, en majorité, les stéréotypes genrés en vigueur au niveau technique (monte en amazone) et vestimentaire, même si la mode des écuyères travesties en hommes connut une certaine vogue. Les stéréotypes féminins furent également à l’œuvre dans la réception du public. L’art des écuyères manifeste ainsi à la fois une transgression genrée à travers ce qu’elles montraient et une reproduction des stéréotypes féminins à travers ce que le public voyait d’elles, imaginait d’elles, projetait sur elles.

-« Dans les pas de Christian Bromberger, une analyse sémio-technologique du matériel équestre », Livre d’hommage à Christian Bromberger, (à paraître).

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