Une clydesdale grise avec une tête blanche | C. Keegan

« Mon travail à moi, c’est de suivre la jument. Une Clydesdale grise avec une tête blanche, qui mesure au moins dix-sept paumes. Et son odeur, une odeur de terre tiède comme l’intérieur d’un pot de fleurs humide. Je mets mon nez contre son cou et je hume. En plus elle n’est pas bête, elle sait s’arrêter quand il y a un obstacle et recule sans vous déboîter l’épaule. Pas de méchanceté chez elle, n’empêche qu’elle vous fouette la figure avec sa queue si vous êtes lent. Nous coupons une rangée sur deux sur les pentes. Slapper et papa abattent et ébranchent, surtout des épicéas de Sitka, et des mélèzes, le rêve. J’accroche la chaîne autour des grumes et je guide la jument dans les rangées jusqu’à la route carrossable, rassemblant le bois autant que possible, alignant les troncs. Après avoir décroché la charge et remonté le palonnier sur les attelles, je me cramponne à la queue de la jument et la laisse me hisser le long de la rangée. Slapper dit que j’ai de l’intelligence à revendre, d’avoir des idées pareilles. »

Claire Keegan, « Le sermon à la Ginger Rogers », L’Antarctique, 10/18, 2011, pp. 201-202

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