Pensées hippiques | A. Jarry

Ecrit sur le monde équestre par Alfred Jarry, auteur du XIXe s.

Auteur du XIXe s. considéré comme le précurseur du surréalisme et du théâtre de l’absurde, il est surtout connu pour sa pièce Ubu roi et pour être l’inventeur de la Pataphysique (la science des solutions imaginaires).

Victor Hugo a écrit, dans Notre-Dame de Paris : « Sans le cheval, point d’homme. »
Si la femme cherche dans l’homme la bête, le cheval a ceci de bon, qu’il est une très grosse bête.
Le cavalier est détachable, et peut être admis ailleurs qu’à l’écurie : il ne dépare ni un salon ni une chambre à coucher.
Le cocher est un cavalier à roulettes.
Le bourgeois répète volontiers que la « femme du monde » a l’équipage pour le cocher.
Le cocher, c’est Orphée charmant les animaux, c’est Hercule vainqueur des monstres ; c’est le mâle qui dompte la bête — ou l’ange au besoin.
Mais il peut y avoir une femme qui ne possède point de cocher.
Celle-là va au Concours Hippique.
Les habits rouges et les uniformes sont là pour se donner en spectacle à tout le monde, et aussi à elle.
Elle peut s’imaginer qu’ils sont de sa livrée.
La plus noble conquête du cheval, c’est la femme.

Alfred Jarry, « Pensées hippiques », Spéculations, [s.l.] : Fasquelle éd., 1911, pp. 294-295

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