Lecture cavalière | E. Legouvé

Sur une page des Provinciales de l’écrivain Blaise Pascal

 

Savez-vous à quoi ressemble cette page pour moi ? à un escadron de grosse cavalerie, se mettant en marche pour quelque charge décisive. Il part d’abord au pas, faisant résonner lourdement le sol sous le bruit régulier, calme et rythmé de ses chevaux. Rencontre-t-il en route quelques groupes de cavaliers épars, il se les incorpore, à peu près comme Pascal enrégimente dans sa période les idées incidentes qui s’offrent à lui, de façon qu’à mesure qu’il marche, il grossit, et à mesure qu’il grossit, son allure s’accélère un peu, car le but approche! il quitte le simple pas, et prend le pas pressé, puis il prend le petit, trot; et cependant la terre commence à trembler plus fortement ! Eh bien, chers lecteurs, c’est là que nous en sommes avec la phrase de Pascal ; elle vient de prendre le trot, car le moment de la charge décisive n’est pas loin!… Nous y voici ! le but se découvre !…

 

Ernest Legouvé, La lecture en famille : la lecture en action, l’art de la lecture, Paris : J. Hetzel, 1882, pp. 296-297

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