Du bouchon de liège au manège

Le recyclage en 1900

 

Il n’est point de Parisien qui n’ait plus d’une fois remarqué la quantité énorme de bouchons charriés par le fleuve à certaines époques. C’est quand les entrepôts de Bercy et de Saint-Bernard procèdent à leur toilette. À ce moment des légions innombrables de bouchons sont jetées à la Seine. Ne vous imaginez pas qu’ils soient perdus ! Entraînés par le courant, ils finiraient par aboutir à la mer après maints arrêts dans les remous du fleuve, s’ils n’étaient pas auparavant recueillis par des sauveteurs intéressés. Montés sur des bateaux, des hommes vont tout le long des rives explorer les anses et les remous ; armés d’une passoire à larges mailles, ils repêchent tous ces fuyards de la cave. On les fait sécher soigneusement, et on les mélange aux débris inutilisables provenant du travail du liège neuf. Le tout est vendu pour garnir le sol des manèges des écoles d’équitation et des régiments. Le pied des chevaux y trouve un terrain élastique et ferme à la fois qui leur épargne la fatigue ; les cavaliers sont assurés contre les accidents résultant de chutes malheureuses, les débutants y puisent une assurance qui seconde leurs efforts.

 

Paul BORY, Les Industries bizarres, Tours : Amame & fils, 1900, pp. 281-282

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