À califourchon en Inde | A. David-Néel

Gangtok, 22 avril 1912

Arrivée sensationnelle dans la capitale du Sikkim, mon bien cher. J’ai quitté Pakyong ce matin, après y avoir mis une lettre à la poste pour toi. Le temps était couvert, mais il s’est bientôt mis au beau et la matinée a été charmante. La route aussi. Elle passe presque tout le temps à travers des bois,  on traverse quatre beaux torrents dont l’un a une pittoresque cascade. […] Les pierres sont très humides et je crois que mon cheval a quelque chose de mal arrangé à ses fers, il glisse tout le temps. Je suis dans l’attente de quelque catastrophe. Et voilà, patatras, qu’il s’affale si brusquement que mon nez vient presque lui toucher le cou, mais il se relève tout aussi vivement et je reprends mon équilibre. Je comprends pourquoi toutes les femmes montent ici à califourchon et pourquoi tout le monde à Darjeeling m’a dit de me servir d’une selle d’homme. On s’y trouve infiniment plus solide. »

 

Alexandra David-Néel, Journal de voyage : lettres à son mari (11 août 1904 – 26 décembre 1917), t. 1, Paris : Plon, coll. Pocket, 1975, pp. 132-133.

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