Flânerie à cheval | A. David-Néel

Gangtok, 16 septembre 1912

Il y a une sorte de nuage, de brouillard presque visible entre ces gens et vous. Ils apparaissent comme des personnages de cinématographe… irréels, sans aucun lien avec vous. Et puis l’on s’en va comme je l’ai fait ce soir, laissant flâner son cheval par les chemins que la brume nocturne envahit, regardant l’austère décor des montagnes bleuissantes sur lesquelles traînent des écharpes de nuage. L’on songe à cette étrange chose qu’est la vie des êtres, à la stupidité de toutes ces cervelles de pantins, à leur irrémédiable imbécile méchanceté. C’est une de ces heures où les dévots s’en vont chercher au pied des autels de leurs dieux une réponse, un encouragement ; la force qui les remet debout ou la potion qui les endort…

 

Alexandra DAVID-NÉEL, Journal de voyage : lettres à son mari (11 août 1904 – 26 décembre 1917), t. 1, Paris : Plon, coll. Pocket, 1975, p. 210.

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