L. Leblanc – « Le Souffle » | Arles | 30 juin-12 sept. 2018

À la poursuite du cheval d’Edward Muybridge

« Le Souffle  : Photographies de Laurence Leblanc », une exposition présentée du 30 juin au 12 septembre 2018 à la Flair Galerie avec le soutien de l’Atelier SHL

 

Lauréate du prix Niépce 2016, collectionnée très tôt par Marin Karmitz, son image iconique Chéa, a fait le tour du monde. Elle s’est prêtée au jeu de FLAIR Galerie en sélectionnant dans son œuvre une vingtaine de photographies liées au monde animal. On retrouve dans cette exposition la permanence de son regard qui relie et unit, comme un souffle.

 

 Famous Mares N° 1, France. 2016 Photographie de Laurence Leblanc Prise de vue et tirage numérique 24 x 70 cm © Laurence Leblanc

 

Cette exposition met en évidence ce paradigme du « nous » qui prévaut sur le « je ». Les photographies rendent ici toutes compte de cet axiome du lien et de la présence à l’autre dans une forme de parenté universelle.

De lien, il s’agit bien lorsque la photographe met en évidence, dans sa série « Famous Mares », le licol qui permet à l’homme de tenir un cheval. A l’origine de ce travail, une découverte. Au fin fond d’une médiathèque à Deauville, l’artiste tombe nez-à-nez avec un album photographique. Un exemplaire unique, rare, venu tout droit du Kentucky qui documente certaines juments célèbres, pleines. Elles sont toutes tenues par un lad. Qui pose ? Le cheval ? L’homme ? Le cheval et l’homme. De cette présentation formelle, officielle, quelque peu pompeuse car il s’agit bien dans cet album format carte postale de montrer la puissance et la gloire de ces animaux de compétition, elle choisit d’en écrire une nouvelle histoire. Elle photographie certaines images de cet album, les recadre, en retouche la chromie. Dans ce nouveau cadrage resserré (le visage, le licol, la tête de l’animal) se loge une symbolique implicite où le règne animal n’est plus dompté, où la condition sociale du lad est réinvestie, repensée, où la domination s’efface au profit du lien horizontal. Pour preuve, le licol est parfois gommé, effacé par le travail du temps sur ces photographies datant de 1927.

D’un document, Laurence Leblanc en tire une série artistique dans lequel son geste de photographe semble s’apparenter au montage cinématographique. Certaines figures sont en effet récurrentes, ici ou là un lad, de face ou de profil, qui par le dispositif de monstration, disons plus simplement, l’accrochage, semble se retourner, bouger devant une caméra imaginaire. Sensible à l’état latent, Laurence Leblanc réussit par réinterprétation à animer un album photo, à le charger d’un souffle nouveau, d’une deuxième vie. Comment ici ne pas penser à la chronophotographie de Edward Muybridge mais à rebours, dans une recomposition du mouvement ?

Lisons enfin ses mots « Ce n’est plus l’homme qui domine le cheval, ni le cheval comme parangon d’une toute puissance. C’est un face à face ».  (Léa Chauvel-Levy, 2018, Flair Galerie)

 

FLAIR Galerie
Du mercredi au samedi 11h – 13h & 15h – 18h et sur rendez-vous

11, rue de la Calade – 13200 Arles
+ 33 9 80 59 01 06 | + 33 6 20 75 13 58
contact@flairgalerie.com
www.flairgalerie.com

 

Image en Une : Le bel indifférent n°1, France, 2009 © Laurence Leblanc

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