Réseau Cheval & Sciences Humaines

Réseau de recherche francophone sur le cheval en SHS

Je lance avec Diane de Camproger un nouveau projet, celui de monter un réseau pour les chercheur.euses francophones travaillant sur le cheval en Sciences Humaines et Sociales afin de d’assurer la promotion, la veille et la diffusion de ses recherches encore trop souvent en arrière-plan des travaux des sciences dures.

Une page facebook est déjà en place, n’hésitez pas à la rejoindre et à la diffuser : https://www.facebook.com/reseauchevalSHS/

[MàJ janv. 2018] Le site internet est maintenant disponible à l’adresse suivante :
https://reseauchevalshs.wordpress.com/

 

Le projet en détail

Jean-Pierre Digard notait il y a quelques années déjà dans son article “Qu’ont à voir les sciences sociales avec le cheval ?” (Le Mouvement social, 2009/4) l’importance de former une communauté scientifique propre aux sciences humaines et sociales sur le cheval et de recenser ses travaux. Malgré des centres de documentation spécialisés à Saumur et dans les Haras Nationaux dont la liste des documents est rassemblée sur le site internet commun de la médiathèque de l’IFCE, il reste difficile de se rendre compte des recherches accomplies jusqu’alors et encore bien plus de celles en cours.

Pour pallier ce manque et soutenir l’élan des études et des travaux, nous souhaiterions mettre en place un espace d’échanges et de diffusion pour les universitaires francophones travaillant sur le cheval dans le domaine des sciences humaines et sociales.

L’histoire, l’anthropologie et la sociologie ont eu déjà plusieurs parutions et manifestations importantes, résultat du travail mené par des chercheurs et chercheuses tels Daniel Roche, Bernadette Lizet, Catherine Tourre-Malen, Jean-Pierre Digard, Carole Ferret, Vérène Chevalier et Yves Grange. Ces trois disciplines permettent de développer des outils et clés de compréhension pour la filière Cheval qui a subi des transformations culturelles et sociales importantes au cours des derniers siècles. Les domaines de la linguistique, de la littérature et des langues paraissent eux, encore en retrait malgré un accroissement de l’intérêt pour les animal studies et la zoopoétique (le programme Animots sélectionné en 2014 comme projet-phare en SHS par l’Agence Nationale de la Recherche). Les recherches scientifiques de ces disciplines sont encore trop peu reconnues, citons néanmoins Carlos Pereira, Kari Weil et Sophie Nauleau. Les ouvrages dits littéraires sont pourtant des sources de savoir sur la représentation, la connaissance et le statut des animaux. N’oublions pas que réfléchir sur cet autre qu’est l’animal c’est aussi se saisir de l’humain et des relations qui le constituent.

L’ensemble des disciplines des sciences sociales apporte un véritable complément aux études des sciences dures et notamment sur la connaissance des interactions entre l’humain et le cheval. Ce sont les sciences humaines qui ont la possibilité de mettre en lumière l’intérêt social et émotionnel des Français pour le cheval (Digard, “Cheval, mon amour”, Terrain, 1995) dans le contexte actuel où l’éthique questionne notre rapport à l’animal : son bien-être, sa participation dans la démarche écologique, sa place dans la société et les constructions culturelles qui en font parfois un objet de consommation. Ce sont aussi elles qui peuvent valoriser les fonds patrimoniaux (“Le Cheval et ses patrimoines”, In Situ, 2012/18 et 2015/27) et dévoiler le rôle important du cheval dans l’histoire humaine. C’est par ses travaux que peuvent s’ériger des institutions (musées, associations, événements) qui participent au tissu économique et social des régions. Même si bien sûr, les travaux de recherche ne doivent pas se cantonner à cette seule finalité de marché. Le cheval est intrinsèquement lié à l’histoire de l’homme et à la construction de la société dans laquelle nous vivons à présent, l’étudier ne peut qu’agrandir la compréhension globale de notre environnement.

À l’heure d’internet et des flux d’informations rapides, servons-nous des médias numériques pour dynamiser et assurer une meilleure visibilité de la recherche sur le cheval en sciences humaines encore trop souvent en arrière-plan des sciences dures.

Saisir cette opportunité permettra de contrer la sensation de dispersion et de marginalité des études sur le cheval en rassemblant les universitaires et leurs travaux dans un espace communautaire. Les liens entre spécialistes et professionnels du monde équestre mais aussi équitants seront plus aisés une fois que le travail en sciences humaines et sociales sera connu et reconnu. Il s’agit aussi de présenter une possibilité aux futurs chercheurs et chercheuses de choisir une thématique de recherche en lien avec le cheval. Dès lors que vont être portés à la connaissance les travaux scientifiques, c’est un aperçu de la recherche actuelle et future qui va se dessiner et permettre d’identifier les fonds à analyser et les problématiques à aborder.

Un tel espace sera aussi la possibilité d’améliorer la circulation et la réception des manifestations universitaires et des parutions. À la vue du nombre de publications mensuelles de livres et de revues scientifiques, il n’est pas toujours aisé de suivre l’ensemble de l’actualité pour un chercheur isolé. Mettre en partage ces informations faciliterait la veille scientifique de bon nombre d’entre nous en plus d’assurer une véritable diversité des approches et donc une certaine interdisciplinarité des regards. Le cheval faut-il le rappeler est à l’entrecroisement de nombreuses disciplines scientifiques. Poursuivons donc le phénomène dans nos travaux eux-mêmes dans une université française encore trop compartimentée.

Si vous souhaiter participer à ce réseau ouvert à toutes et tous (masterant.e, doctorant.e, chercheur.se établi.e) vous pouvez d’ores et déjà rejoindre la page facebook “Réseau Cheval & Sciences Humaines. Nous souhaiterions à terme mettre en place un site internet ou un carnet de recherche sur hypothèses.org pour présenter les scientifiques en sciences humaines et contribuer à la diffusion et à la visibilité de leurs travaux dans un cadre plus institutionnel.

Diane de Camproger (doctorante en 2ème année de langues et littératures françaises à Unicaen) et Honorine Tellier (doctorante en 4ème année de langues et littératures françaises à l’Université de Limoges).

Vous pouvez également nous contacter par mailddcamproger@gmail.comhonorine.tellier@unilim.fr

Le projet est disponible en format pdf Projet-Réseau-Cheval-et-Sciences-Humaines

Image en Une : Rosa Bonheur, Le Marché aux chevaux, 1852-55. Huile sur toile. MET (domaine public)

8 commentaires

  1. C’est vraiment une super idée que vous avez là ! Le projet est vraiment intéressant et j’espère que vous pourrez le faire grandir avec sagesse :)
    Je vais vous suivre sur Facebook afin d’être au courant de votre avancée !
    Bon courage et merci pour tout le savoir que vous allez regrouper !

    Aimé par 1 personne

  2. J’aime l’idée mais je ne suis pas une grande fan de Facebook. Je vais y réfléchir.
    Je suis Doctorante en 3ème année d’éthologie à l’Université de Rennes et Doctorante en 2ème année de Médecine vétérinaire équine naturelle en collaboration avec la faculté de Westbrook University et l’OBOD.
    L’IFCE et la FFE refusent de travailler avec nous d’ailleurs puisqu’ils n’ont pas le contrôle en dehors du sol Français.

    J’aime

    1. Bonjour Annawen, ne suiviez-vous pas déjà le Réseau ? Je suis assez surprise de vous savoir effectuer deux doctorats en même temps, pour en faire un de mon côté ça me semble surhumain. Que désigne précisément la dénomination « médecine vétérinaire équine naturelle » ?

      J’aime

      1. Bonjour Honorine. Je ne suis pas beaucoup connectée et je ne pense pas suivre le réseau.
        Je n’ai pas vraiment de problème à effectuer deux Doctorats. J’ai 51 ans et j’ai toujours validé mes connaissances par des diplômes (en fait, le travail est déjà fait). Je travaille souvent avec une amie qui a 10 ans de plus que moi et qui, actuellement, valide ses connaissances en matière de botanique. Elle est retraité de l’éducation nationale et sait tellement de choses qu’elle est aussi écrivain.
        En fait, nous passons les diplômes pour donner une crédibilité à nos recherches et observations.
        Pour la médecine vétérinaire, je suis supervisée par un vétérinaire équin naturopathe.
        Je travaille avec des élixirs floraux : fleurs de Bach. Mais aussi avec des plantes sauvages, des huiles essentielles….
        A ce jour, je soigne des chevaux que les vétérinaires traditionnels auraient euthanasié. Mais j’ai cette connaissance depuis l’enfance. Je n’ai rien inventé. Je fais en sorte que cette connaissance ne se perde pas.
        Si tu suis un peu mon travail, je mets beaucoup d’énergie à la protection des chevaux sauvages.
        Les chevaux qui m’accompagnent sont nés sauvages. J’ai pris du temps pour me faire accepter. D’ailleurs, ils ne connaissent pas le mors, ni les fers…
        Je suis psychologue, j’accompagne des personnes en souffrance avec ces chevaux et je peux dire qu’ils ont beaucoup à m’apprendre.
        J’apprends de la nature et des animaux. Les hommes gâchent leur énergie avec l’argent, la quête de pouvoir. Je suis aussi consultante environnementale.
        Je n’ai pas de télévision, pas de connexion illimité, alors j’ai du temps pour le reste.

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.