Les naseaux | Homéric

Au creux des naseaux, c’est un monde qui se dévoile

 

Et si vous désirez avoir un avant-goût du paradis, du moins les odeurs y circulant, portez vos narines au creux des siennes. Là, au cœur de cette cavité mystérieuse, respirez le souffle du géant ailé. Il y fait chaud, doux, brûlant, fermez les yeux, vous voilà tout à la fois dans une grange emplie de foin par un après-midi d’été ; la nuit dans les steppes sous un ciel boursouflé d’étoiles ; au bord d’une eau qui clapote ; dans un maquis corse l’automne après l’ondée ; dans une armoire à linge parfumée de lavande ; sur un parquet ; dans un terrier de loutre ; au pays des Merveilles ; dans les soies et les ors des fées. C’est un baldaquin où il doit faire bon, minuscule et oublié du monde, dormir et se laisser bercer, un tapis volant, volant, volant…

 

HOMÉRIC, « Odorat (L’) », Dictionnaire amoureux du cheval, [s.l.] : Plon, 2012, pp. 480-481

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