BEUDANT Étienne [1863-1949]

Surnommé l’écuyer mirobolant par le général Decarpentry, il eut pour chef de corps au 23e dragons le colonel Faverot de Kerbrech (bauchériste seconde manière). En 1893, il part en Algérie et restera en Afrique pour le restant de sa carrière militaire : il sera affecté à différents régiments de chasseurs ainsi qu’aux remontes et haras marocains. De retour en France, il parviendra malgré ses blessures à se consacrer à un dernier dressage; celui de Vallerine jument anglo-arabe qui lui avait été confiée. C’est à cette époque que le rencontre l’écuyer René Bacharach.

 

 

Le Cheval d’amateur, son dressage simple et rationnel, Blida, 1912, 40 p.

Extérieur et haute école, Paris : Charles Amat, 1923, 124 p. Disponible sur la Médiathèque de l’IFCE.

C’est à travers l’enseignement du général Faverot de Kerbrech que Beudant fut initié au bauchérisme. Fidèle à « l’incroyable Maître » dont il a possédé sans défaillance la méthode « simple et logique », il réussira à obtenir de merveilleux résultats avec tous ses chevaux. Son oeuvre témoigne de cette recherche de perfection idéale : la légèreté, si particulière à l’école française. Dans Extérieur et haute école (1921), Beudant présente les règles de l’équitation qu’il a tirées de sa lecture des grands maîtres et de sa longue expérience. Elles conviendront à tous les cavaliers soucieux de réfléchir sur leur manière de monter et de dresser. Car le but de Beudant est de rendre le cheval agréable « à l’extérieur ». Les définitions qu’il donne des termes d’équitation sont un modèle de justesse, elles font de ce livre un dictionnaire qui sera aussi utile aux amateurs qu’aux enseignants. Dans la dernière partie Beudant décrit les résultats qu’il a obtenus avec ses chevaux par un travail méthodique. Ses conclusions nous révèlent la vraie personnalité de cet « écuyer mirobolant ». Une magnifique leçon

Dressage du cheval de selle, Paris-Paris-Strasbourg : Berger-Levrault, 1929, 76 p. Rééd. 1948.

Le capitaine Beudant a rédigé ce mémento pour certains de ses camarades qui désiraient « un formulaire, un vadé-mécum aisé à consulter dans l’application du livre « Extérieur et Haute-Ecole » publié en 1923. Il complète ce manuel tout en le résumant et c’est l’abrégé à peu près exact du « Dressage méthodique du cheval de selle » d’après les enseignements de Baucher, recueillis par un de ses élèves ». Il indique pas à pas et sans commentaires les moyens les plus faciles de tendre vers la perfection en équitation usuelle, puis en équitation savante et de fantaisie. » En appendice, Beudant a ajouté quelques notes personnelles notamment sur le « passage », la fixité de la main et l’emploi du bridon sur le ramener qui n’est pas indispensable à l’équilibre

Main sans jambes… Notes et souvenirs, Paris-Lyon : La Guillotière, 1945, 131 p.

Le général Decarpentry a dit du Capitaine Beudant qu' »il était l’écuyer le plus mirobolant qu’il ait rencontré ». Dans ce livre de notes et souvenirs, il ne s’agit pas de manuel ou de précis d’équitation ; Beudant expose familièrement ce qu’il croit juste et le fait sans se géner. Il présente des attestations sur le travail de ses chevaux et des photos en espérant que cela plaide suffisamment en faveur de la méthode Faverot de Kerbrech et que les amateurs aient envie de l’étudier sans se retrancher derrière des difficultés dont Baucher lui-même et le général L’Hotte, certes bons juges en la matière, ont contredit l’existence en recommandant l’emploi alterné des aides (Mais sans jambes -Jambes sans main) aux cavaliers peu adroits pour simplifier leurs actions et éviter les fautes résultant de leur manque d’accord ». C’est l’étude de ce principe qui lui « inculque l’idée fixe, incorrigible, de le propager par tous les moyens possibles, afin de contribuer à épargner au cheval les mauvais traitements dont il est trop souvent victime en dressage ». A René Bacharach qui lui demandait la raison du titre de son livre « Main sans jambes.. » qui était la moitié de la formule de Baucher, Beudant avait donné la réponse : « Parce que, si la main est bien employée, on n’a plus besoin des jambes ». » Beudant obtiendra ainsi de ses chevaux une immense impulsion et les maniera par la main seule dans la plus grande légèreté. D’autres écuyers sont-ils parvenus à cette extrême finesse ? Si oui, ils ne l’ont pas dit, à l’exception d’un seul, le Baron de Sind (1709-1776), Colonel de cavalerie allemande, élève du Comte de Paar, et du Baron de Regenthal, écuyers célèbres de l’Ecole de Vienne, à l’époque où l’influence de l’équitation de tradition française du XVIIIe siècle y était prédominante. »

Vallerine : le testament d’un écuyer. Publié sous la direction de Patrice Franchet d’Espèrey, Paris : Favre, coll. Caracole, 2005, 165 p.

« Vallerine » est la dernière jument dressée par celui que le général Decarpentry avait surnommé « l’écuyer mirobolant » : Etienne Beudant (1863 – 1949), un des cavaliers les plus doués de son époque, auteur d’exploits équestres inouïs et d’ouvrages devenus des classiques (Extérieur et haute école » en 1923, « Main sans jambes » en 1945). En 1927, trop âgé pour continuer à monter Vallerine, il en fait cadeau à un ami, et joint à son envoi une lettre de 81 pages, véritable mode d’emploi du cheval. Véritable testament équestre, préfère dire Patrice Franchet d’Espèrey, écuyer du Cadre Noir de Saumur et éditeur de ce texte qui n’avait jamais été publié, dans lequel Beudant, en avance sur son temps, donne les vraies réponses aux questions que se posent les cavaliers d’aujourd’hui.

Extérieur et haute école : l’édition originale (1923) enrichie d’une version inédite (1948) revue par l’auteur, Arles : Actes Sud, coll. Arts équestres, 2008, 300 p.

Pour les amateurs de dressage, pour les cavaliers persuadés qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre équitation sportive et équitation savante, c’est un peu « la Bible ». Son auteur, Étienne Beudant (1863-1949), appartient à la légende dorée de l’équitation française. Disciple surdoué de l’illustre Faverot de Kerbrech (lui-même élève de Baucher), Beudant a fait l’admiration de ses contemporains. Le général Decarpentry l’a appelé un jour « l’écuyer mirobolant ». D’autres ont dit qu’il était « le Mozart de l’équitation » ! Beudant est l’auteur de plusieurs traités, mais c’est dans Extérieur et haute école qu’il exprime le mieux sa doctrine : le dressage d’un cheval doit aboutir à son utilisation optimale aussi bien, comme l’indique clairement le titre, en terrain varié qu’au manège, à l’obstacle que sur le plat.
Paru en 1923, aujourd’hui réservé aux collectionneurs, on en trouvera ici le « reprint », c’est-à-dire la reproduction à l’identique. On y trouvera plus et mieux encore, la version entièrement remaniée – et totalement inédite – que Beudant lui-même envisageait de publier en 1948, peu de temps avant sa mort. C’est un événement, aussi important que le serait la découverte d’une partition inédite – reprenons la comparaison – de Mozart ! La juxtaposition, la confrontation de ces deux versions (présentées et commentées par Patrice Franchet d’Espèrey, écuyer au Cadre Noir de Saumur) est passionnante : elle permet de mesurer, de visualiser l’évolution de la pensée, à vingt-cinq ans de distance (et quelque quarante chevaux dressés plus tard), d’un des plus grands « maîtres de l’oeuvre équestre » du XXe siècle.


 

Jérôme GARCIN, L’Écuyer mirobolant,  Paris : Gallimard, 2010, 179 p.

Biographie romancée d’Étienne Beudant.

En équitation comme dans l’armée, Étienne savait combien c’eût été vain de vouloir casser les rebelles, soumettre les acariâtres et qu’il était impossible d’atteindre la légèreté par la force, le brillant par la colère. Même les étalons les plus impérieux, il ne les avait pas combattus. Au contraire, il n’avait eu de cesse de vouloir les comprendre pour mieux s’en faire des alliés. Quel que fût le cheval, il n’aspirait qu’à se passer des aides. Il rêvait en effet de régner sans poids ni appuis, par le seul souffle de la botte, la caresse du cuir et la profondeur de l’assiette. Monter n’était plus alors une activité physique, c’était une pensée pure, un acte de foi.

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