CHEVALIER Vérène [XXIe]

Sociologue et maîtresse de conférences à l’Université Paris 12 – Val de Marne. Elle appartient au Laboratoire d’analyse secondaire et de méthodes appliquées à la sociologie – Institut du longitudinal (CNRS). Ses recherches sont orientées vers la sociologie des pratiques culturelles et la démographie des populations sportives. Elle s’est particulièrement intéressée aux sports équestres et notamment à l’abandon de cette pratique sportive.

 

-« Les pratiquants de l’équitation : une population et ses mouvements », Population, n° 3, 1990, pp. 661-666. Disponible sur Persée.

-« L’infidélité au sport : l’exemple de l’équitation », Équitation, n° 2, 1992, pp. 33-37.

Démographie sportive : itinéraires et abandons dans les pratiques de l’équitation, Thèse de Doctorat sous la direction d’Henri Raymond, Paris VII, 1994. http://www.theses.fr/1994PA070072

Cette recherche se situe dans le domaine de la sociologie des pratiques culturelles. Elle s’intéresse à la composante dynamique de ces activités en s’attachant plus particulièrement aux pratiques sportives. Elle cherche à saisir et à comprendre les comportements de continuation et d’abandon des pratiques de l’équitation dans le cadre des centres équestres affiliés à la délégation nationale aux sports équestres. Cet objectif a nécessité l’utilisation de deux méthodes différentes. L’analyse démographique des fichiers annuels d’adhérents entre 1989 et 1992 (soit quelques 381265 cavaliers ayant été licenciés au moins une fois dans la période) a révélé l’intensité des mobilités dans différentes catégories de population, mettant ainsi à jour les processus différenciés de son renouvellement. L’analyse biographique d’entretiens semi-directifs a quant à elle permis de situer ces mobilités dans le caractère socialement construit de la carrière équestre, saisie entre un itinéraire tracé par l’institution et des parcours individuels menés par les cavaliers. Cette recherche a permis de montrer le caractère extrêmement labile de la population des pratiquants de l’équitation licenciée, et d’en dessiner les explications sociologiques dans le caractère dynamique de la pratique elle-même. Les analyses décrivant les structures des populations de pratiquants considèrent implicitement qu’elles sont dans des situations stables, alors que leur examen révèle une fluidité importante et une mobilité différenciée. Les résultats obtenus conduisent donc à prolonger ce travail par l’analyse du caractère dynamique d’autres pratiques culturelles.

-« Carrières et abandons dans les pratiques de l’équitation : analyse longitudinale de fichiers de licenciés », in Sport, relations sociales et action collective, Actes du colloque interdisciplinaire des 14 et 15 octobre 1993 à Bordeaux, [s.l.] : Editions de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, 1995, pp.173-175.

-« Les pratiques de l’équitation : abandons individuels et renouvellement de population », Atelier : Sociologie et Économie de L’Équitation, n°8, 1994, pp. 245-251.

-« Une population de pratiquants sportifs et leurs parcours : les cavaliers titulaires d’une licence », Population, n° 3, 1996, pp. 573-608. Disponible sur Jstor.

Cet article donne une place centrale à la dimension dynamique des pratiques culturelles et de loisirs en s’intéressant aux parcours des pratiquants et en analysant la répartition et le rythme des événements qui ponctuent ces parcours (entrées, sorties). À travers l’exemple d’une pratique sportive licenciée — les cavaliers de la DNSE –, l’analyse démographique révèle la brièveté de la durée de participation et le caractère très mobile des populations de pratiquants, caractéristiques qui sont masquées par les analyses traditionnelles des structures de ces populations. Les résultats conduisent également à envisager une importante diversité des formes de participation et des parcours dans ces pratiques.

-« Pratiques culturelles et carrières d’amateurs : le cas des parcours des cavaliers dans les clubs d’équitation », Sociétés contemporaines, n° 29, 1998, pp. 27-39. Disponible sur Persée.

Centré sur l’abandon de pratique, à la fois comme objet d’analyse et comme méthode d’observation de la nature processuelle de l’engagement dans les activités culturelles d’amateurs, cet article examine la notion de pratiquant et la vision classique des populations d’amateurs. Ces dernières se révèlent beaucoup plus mobiles dès lors que l’on s’intéresse aux caractéristiques longitudinales de la pratique individuelle. Loin d’être un état stable, les pratiques culturelles d’amateurs se donnent à voir comme des carrières de construction sociale d’une identité de pratiquant. Cette construction résulte de deux processus, l’un de socialisation par la fréquentation assidue des espaces et des copratiquants à différentes étapes de la carrière, l’autre d’acculturation par l’acquisition d’une culture institutionnelle spécifique.

-avec Brigitte DUSSART, « De l’amateur au professionnel : le cas des pratiquants de l’équitation », L’Année Sociologique, n° 52, 2002, pp. 451-468. Disponible sur Cairn et sur Jstor.

Certains jeunes engagés dans les pratiques de loisirs, les passionnés, transforment leur passion d’amateur en vocation professionnelle. Ce processus de conversion multiforme doit être appréhendé dans le contexte contemporain de la confusion croissante des repères : d’une part, les étapes du passage à l’âge adulte sont moins marquées qu’auparavant et les processus identitaires l’accompagnant se complexifient. D’autre part, on note une perméabilité croissante des frontières entre activités de travail ou de formation et activités de loisirs.

-« Trajectoires d’insertion dans les métiers du cheval », Revue Equ’Idée, n° 50, 2004, pp. 45-47.

-« Travailler dans les mondes du cheval », Sport et Travail, Lille, 10-12 décembre 2007. Communication disponible en pdf.

-avec P. HEYDEMANN et M. – O. LEBEAUX, « Quelles connaissances sur l’évolution de l’emploi dans la filière cheval ? », Revue Equ’Idée, n° 65, 2008, pp. 40-42.

-avec Fanny LE MANCQ et M.-O. LEBEAUX, Les Mondes du cheval comme mondes du travail. Rapport de recherche au Comité d’Orientation Scientifique et Technique, Paris : Centre Maurice Halbwachs – Haras Nationaux, 2009.

-avec Fanny LE MANCQ, « Bénévoles, amateurs et travailleurs. Le monde des activités équestres », in Faure J.-M. & Fleuriel S., Excellences sportives : économie d’un capital spécifique, Bellecombe-en-Bauges : Éditions du Croquant, coll. Champ Social, 2010, pp. 143-179.

-« Conflits dans le monde sportif. Le cas de la Fédération Française d’Équitation », La Vie des idées , 25 novembre 2011. Disponible sur La Vie des idées.

Troisième fédération sportive de France, la Fédération Française d’Équitation témoigne des conflits violents qui agitent le monde associatif. Entre esprit de compétition et approche éducative, professionnalisation et profession de foi de désintéressement, les fédérations qui la composent se sont déchirées, sous l’égide de l’État.

-avec Fanny LE MANCQ, « L’invisibilisation du corps des cavaliers. », Sociologie, n°2, vol. 4, 2013, pp. 183-200. Disponible sur Cairn (Accès payant pour les non-abonnés)

À partir d’un corpus constitué sur près de vingt ans de recherche, alternant enquêtes par entretiens ou observations et analyses secondaires, l’article propose d’examiner la conversion cavalière des corps, ou plutôt la disparition discrète du corps dans et par l’expérience équestre, et comment cette socialisation cavalière renforce – ou à l’inverse contrarie – certaines dispositions corporelles des catégories sociales attirées par l’équitation. Le corps du cavalier se construit au cours de plusieurs étapes ordonnées en une carrière, et sur plusieurs scènes (à cheval bien entendu mais aussi à pied, dans l’écurie et ses alentours) et repose sur une double exigence : devenir invisible sur le dos du cheval et en même temps devenir insensible aux tâches socialement dévalorisées qui s’imposent à lui lorsqu’il met pied à terre. Ces dernières deviennent acceptables et supportables parce que le corps du cheval devient peu à peu celui du cavalier au fur et à mesure que celui-ci apprend à faire corps avec sa monture. À cheval, l’effacement du corps semble socialement ajusté aux dispositions corporelles des catégories aisées en ce qu’il incarne à la fois un rapport distancié au corps et le contrôle de soi de l’étiquette bourgeoise. À terre en revanche, l’effacement, à travers la pratique constante d’activités « de service », exige l’oubli de sa sensibilité physique et sociale, et contrarie l’attention discrète au corps propre à ces mêmes catégories sociales.

– « Des entreprises marchandes dans l’univers associatif sportif. Le cas des établissements équestres », Sociologies pratiques, n°32, vol. 2, 2016, pp. 55-64. Disponible sur Cairn (Accès payant).

Dans le contexte institutionnel de la cogestion ­ par les pouvoirs publics et par le monde associatif ­ de l’offre d’activités sportives au public, la forme commerciale de distribution de ces pratiques fait figure d’exception. L’analyse du cas des entreprises équestres proposée dans cet article permet de questionner en creux les ressorts d’un « service public du sport » en apesanteur économique et sociale ; de retracer la genèse de leur inscription dans un modèle entrepreneurial et d’en examiner quelques effets paradoxaux.

Publicités

2 commentaires

  1. Merci honorine pour cet article particulièrement intéressant qui me fait connaitre cette sociologue. Je mets ses travaux en écho de ceux de Charlène Lourd (ifce) sur la reconversion professionnelle avec des cavaliers qui au contraire reviennent vers le milieu équin..

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.