Le Molière des chevaux | Baucher

Quand Baucher justifie ses prestations circassiennes :

Quoique mon goût soit entièrement opposé au plaisir que peuvent éprouver certaines personnes à se donner en spectacle, je ne crois pas, en le faisant, manquer en rien à ma propre dignité : j’aime et j’honore toutes les professions respectables, celles surtout qui sont destinées à éclairer le public et à le distraire. Que m’importent les sots propos de quelques envieux ? Tout homme qui veut faire prévaloir un principe doit être prêt à tout braver, insolence, railleries, sarcasmes des uns, oubli, indifférence des autres. Il y a longtemps pour mon compte que j’y suis fait ; et je trouve dans l’approbation des gens sensés que j’affectionne, une large compensation à tous ces inconvénients passagers. À ceux donc qui prétendent que je ravale mon titre d’écuyer en le mettant en scène, je réponds que Molière et Shakespeare avaient aussi bassesse de jouer leurs pièces en public, et qu’en imitant dans ma sphère obscure, l’exemple de ces grands génies, je ne fais qu’obéir à leurs voix, qui nous crient sans cesse : ‘Élevez votre intelligence sur la ruine des préjugés !’

François BAUCHER, « Introduction à la Méthode d’équitation », Œuvres complètes, Paris, 10 éd., 1854, p. 12. Disponible en ligne sur Gallica.

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