L’instruction équestre | P. Pradier

Les générations instruites se doivent de transmettre un savoir dont elles sont les dépositaires et que les générations montantes ont le devoir d’acquérir. Il ne s’agit pas là de l’instruction comme l’entend le général L’Hotte, consistant à former des ‘cavaliers de campagne’ et dans laquelle ‘les livres n’instruisent guère que ceux qui savent déjà’.  Cette instruction-là a donné les résultats dont on connaît les limites.

La transmission de la tradition implique de diriger l’élève dans l’élaboration de sa culture, de participer à sa formation physique et morale, d’éveiller chez lui une curiosité dont on sait qu’elle doit devenir insatiable, de lui faire éprouver des sensations justes et de lui fournir les moyens de les reproduire, d’expliquer enfin les buts et, pour se faire, tenter de développer son sens artistique.

Instruire, c’est prendre l’élève par la main et le conduire au bout de son talent, j’entends du talent que l’instructeur est capable d’appréhender, car instruire c’est aussi rêver que l’élève, tous les élèves, iront un jour plus loin que nous-même et que cette partie de leur démarche nous sera sans doute inaccessible.

Pierre PRADIER, Mécanique équestre et équitation : réflexions d’un cavalier de la fin du XXe siècle sur l’équitation, version augmentée, Paris : Belin, 2010, p. 218.

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