Le Musée équestre imaginaire | J. Garcin

Ce sont les dessins que des amis ont faits pour moi, parfois très vite. Françoise Sagan m’a croqué un jeune cheval au feutre bleu. Wiaz, sous mes yeux, a exécuté au pinceau deux chevaux qu’on dirait sculptés dans le mouvement et le marbre. Sempé, après m’avoir expliqué qu’il ne savait dessiner un cheval, m’en a envoyé un qui exécute une levade et l’a légendé ainsi : ‘Merci pour ce déjeuner au cours duquel j’ai été fort bavard afin d’éviter de parler.’ Claire Brétécher m’a offert, campé à côté d’un cavalier apeuré, un cheval très mutin. Et Patrick Rambaud, à qui je reprochais, dans un article consacré à son roman La Bataille, de donner des ‘pattes’ aux montures napoléoniennes, m’a dessiné en guise de réplique, une ‘Vue cavalière d’un cheval d’escadron en 1809’ : on y voit une brave carne bouffer de l’herbe et de multiples flèches indiquer où se situent ‘le gigot, les entrecôtes, le museau vinaigrette, la pantoufle arrière droite, etc.’. C’est mon petit musée imaginaire.

Jérôme GARCIN, ‘8 février’, Cavalier seul : journal équestre, Paris : Gallimard, nrf, 2005, p. 175-176.

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