Enlevé par un centaure | Garcin

« Vivre sans monter, c’était cesser de vivre, c’était déjà mourir. Sur son lit d’hôpital, il avait lu, avec passion, comme s’il se fût agi d’un vade-mecum, une biographie du peintre Théodore Géricault, ancien mousquetaire du roi à qui les chevaux ‘tournaient la tête’, et qu’il représentait fous ; malgré trois chutes successives, dont l’une toucha l’épine dorsale, l’artiste avait continué à chevaucher des entiers exaltés, à provoquer la mort. Il s’était éteint à trente-trois ans, un pinceau à la main, convaincu d’être enlevé pour l’éternité par un centaure. »

Jérôme GARCIN, L’Écuyer mirobolant, Paris : Gallimard, coll. folio, 2010, pp. 53-54.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.