Définition de l’équitation | Blacque-Belair

En équitation, le cavalier doit savoir et pouvoir, le cheval doit comprendre et pouvoir.

L’équitation, en d’autres termes, est subjective et objective. Cette pression de jambe, cette traction de rêne, il faut que le cavalier en sache la valeur et puisse l’exécuter ; cette attitude, ce mouvement, il faut que le cheval les comprenne ou les devine, et consente à les prendre. Et c’est là précisément non seulement tout l’art de l’équitation, mais aussi le but du simple et nécessaire travail en bridon.

Étudier l’emploi de ses aides, c’est-à-dire se gymnastiquer à cheval (équitation subjective) ; à l’aide de cette connaissance et de cette maîtrise de ses forces, faire comprendre au cheval, par puissance ou par diplomatie, les mouvements, les directions, les attitudes qu’on veut lui faire prendre, c’est-à-dire le débourrer (équitation objective) ; enfin, dominer, manier, gouverner définitivement cet esclave de nos volontés, c’est-à-dire le dresser (équitation subjective et objective), telles sont les trois opérations à exécuter à l’aide du seul langage des rênes et des jambes. Problème plus facile à énoncer qu’à résoudre. C’est qu’il y a ici deux êtres vivants en présence ! Et le dressage est précisément la rencontre et l’entente, plus ou moins parfaites, de ces deux forces physiques, de ces deux volontés qui, parties de très loin, marchent l’une au-devant de l’autre sans se connaître et sans se comprendre encore.

 

Commandant BLACQUE-BELAIR, Causeries sur l’équitation et l’instruction militaire. A hue et a dia, chansons d’avril, Saumur : J-B Robert, 1909, p. 30.

Publicités