Définitions de ‘l’homme de cheval’ et de ‘l’écuyer’ | Baucher

ÉCUYER. On appelle écuyer l’homme qui sait dresser un cheval, le conduire avec précision, et se rendre compte des moyens qui lui ont procuré ces résultats. La France a possédé et possède encore des écuyers dont le savoir ne peut être contesté, puisque, de tout temps, il y a eu et il y a encore des chevaux dont le travail ne laisse rien à désirer ; or, l’éducation du cheval est la pierre de touche de l’écuyer ; cependant je crois que l’art de l’équitation est loin d’avoir fait tout le progrès dont il est susceptible. […] On verra à l’article Homme de cheval quelle distinction j’établis entre l’écuyer et celui-ci. L’un n’est que le bon cavalier ; l’autre est le professeur capable de former de vrais hommes de cheval. Mais pour atteindre ce but, ce ne sera pas assez pour l’écuyer de connaître à fond l’équitation : il lui faudra de plus étudier ses élèves, et créer pour chacun une manière spéciale d’enseigner. Si, grâce à ce soin, il parvient à n’en décourager aucun, à faire de leurs qualités, il aura mérité le titre d’écuyer. […]

HOMME DE CHEVAL. On entend par homme de cheval celui qui joint à une solidité à toute épreuve l’usage libre de tous ses membres, ne les meut que par sa volonté, et sait en apprécier les effets. On confond souvent, à tort, l’homme de cheval et l’écuyer. Le premier, comme je viens de le dire, est un cavalier solide et habile ; mais le second doit joindre à ces qualités toutes les connaissances requises pour démontrer les principes dont se compose son art et pour la direction d’un manége. C’est à l’écuyer à former les hommes de cheval.

François BAUCHER, Dictionnaire raisonné d’équitation, Rouen : Brière, 1833, 244 p.
Extrait tiré de la 10e éd. des œuvres complètes de Baucher, pp. 432-434 et 491-492.

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