Equidia-lib : un rappel au Paris des chevaux

La dernière opération de communication de la chaîne de télévision Equidia n’est pas passée inaperçue avec plus de 200 000 vues pour la vidéo. Menée par l’agence de publicité Fred & Farid, « Equidialib » est l’installation de trois chevaux aux bornes Autolib de la rue Henry Martin, pendant quelques minutes aux alentours de 11 heures le mardi 29 septembre dans le XVIe arrondissement. Ce happening commercial est aussi un rappel à l’histoire du cheval et de celle des transports à Paris.

© Kids Love Jetlag Paris

Au XIXe l’accroissement des transports hippomobiles est tel que l’on cherche des mesures pour assainir la ville et assurer la sécurité des usagers. Les grands changements opérés par Haussmann était déjà dans cette logique d’ « urbanisme de la circulation« . Avec une croissance exponentielle des véhicules (de 17 000 en 1829 à 82 000 en 1909) la thématique de l’encombrement devient un topos en littérature (Zola, Le Ventre de Paris par exemple).

D’une rue encore sans contrôle on passe peu à peu à une réglementation des fluxs circulatoires : les premières plaques d’immatriculation en 1734 afin d’identifier les chauffards (imposées ensuite par l’ordonnance du 9 mai 1831) ; en 1783 quelques trottoirs commencent à émerger permettant aux piétons une sécurité et une certaine propreté, la largeur des routes est aussi calibrée pour le passage des voitures hippomobiles (soit 9, 72 mètres).

Au début du XIXe s., des ordonnances règlent l’accessibilité de certaines avenues aux chargements lourds (horaires d’accès et chemins à prendre), les emplacements de stationnement et de déchargement sont affectées selon les types de voitures. Le code de la route que l’on connaît actuellement connaît ses premiers balbutiements : la conduite à droite et les règles de croisements sont expérimentés courant 1830. À la même époque les animaux sont interdits de trottoirs (qui se généralisent), l’allure du galop devient interdite pour des raisons évidentes de sécurité, l’excès de vitesse naît en 1838.

La fin du XIXe s. voit une recherche dans le revêtement des routes du pavé aux revêtements asphaltés et goudronnés dans une volonté de confort (les chocs pouvant briser les essieux et ressorts des véhicules), de sécurité (éviter aux chevaux de glisser, trébucher sur les irrégularités du pavage) et de bruits (le pavage est extrêmement bruyant contrairement au macadam). Ces améliorations permettent également d’assainir les rues autrefois boueuses avec la mise en place d’une voie bombée bordée de deux caniveaux et de trottoirs rehaussés et du tout-à-l’égout.

Source :

Daniel ROCHE, « L’urbanisation et les chevaux » in La Culture équestre de l’Occident XVIe-XIXe siècle L’Ombre du cheval, t.1 Le Cheval moteur, Paris : Fayard, 2008, pp. 91-120.

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