GARCIN Jérôme [1956-]

Animateur et producteur de l’émission ‘Le masque et la plume’ sur France Inter et journaliste pour Le Nouvel observateur (dont il dirige le service culturel), il est aussi écrivain et cavalier à ses heures.

 

La Chute de cheval, Paris : Gallimard, 1998, 139 p.

Prix Roger-Nimier. Récit personnel découpé en courts chapitres revenant sur sa vie équestre (la chute de son père cavalier, son retour dans le monde équestre, sa rencontre avec Bartabas…). Réédité avec une postface de l’auteur  (192 p. pour la réédition en folio).

« Mon père est mort d’une chute de cheval le samedi 21 avril 1973, veille de Pâques, dans l’insoucieuse et très civilisée forêt de Rambouillet. Il avait quarante-cinq ans, j’allais en avoir dix-sept. Nous ne vieillirons pas ensemble. »
Longtemps après l’accident, Jérôme Garcin sacrifie lui aussi à cette passion pour le cheval qui coûta la vie à son père, éditeur et critique. Dans un récit où il place l’art équestre à la hauteur d’un exercice de style et établit de nombreuses correspondances entre la Haute Ecole et la littérature, il décrit ses bonheurs de cavalier buissonnier au coeur du pays d’Auge, ressuscite la figure hugolienne de François Baucher, portraiture son ami Bartabas, visite le légendaire Cadre Noir de Saumur, relit avec la même émotion les traités d’écuyers et Milady, de Paul Morand, trouve dans l’oeuvre de Géricault – mort à trente-trois ans après une chute de cheval – l’écho de ses propres emballements, et fait un persistant éloge de la fuite. Au galop

Perspectives cavalières, Paris : Gallimard, coll. folio, 2003, 148 p.

Compilation de courts textes sur l’univers équestres.

« Où l’on rencontre un vieil organiste, deux grands comédiens, un cul-de-jatte, des hommes en noir et des enfants; où l’on pénètre dans des forêts, les haras, les box et sur la plage à marée basse; où l’on découvre en plongée une certaine Angleterre, une lointaine Bretagne et un secret pays d’Auge; où il est question de désir, de plaisir, de sacerdoce, de rupture et de sixième sens; où l’on regrette souvent, avec Spinoza, que « l’homme n’ait pas la perfection du cheval ». « 

Bartabas, roman, Paris : Gallimard, coll. folio, 2004, 256 p.

Prix Jean Freustié. Portrait de Clément Marty alias Bartabas revenant sur ses débuts en équitation, sa passion des courses et ses créations équestres.

 » Bartabas a inventé ce qui n’existait pas. Il façonne avec ses mains fortes et graciles de la splendeur éphémère. Ce rebelle que le chamanisme a pacifié, ce nomade que l’équitation a conduit à l’extase, cet ambitieux dont la patience a été l’arme secrète, ne ressemble à personne, sauf à lui-même, qui reste une énigme. J’ai voulu exprimer ici la chance que nous avons d’être ses contemporains. Je sais trop qu’il ne restera presque rien, lorsqu’il aura disparu, de ce qu’il a créé sous des chapiteaux de bois et de toile. Et puis je me méfie de Bartabas. Je le sais capable de s’éclipser aussi vite qu’il est apparu. Il ne s’installera pas, si s’installer, c’est abdiquer.  »
Portrait d’un artiste universel qui a réinventé le spectacle équestre et roman d’un homme qui a construit, sous une identité fictive, un monde imaginaire, Bartabas, roman est aussi le récit d’une amitié fraternelle, botte à botte sur les chemins de traverse.

Cavalier seul : journal équestre, Paris : Gallimard, coll. folio, 2006, 304 p.

Véritable journal de bord, l’auteur y décrit ses rencontres équestres quotidiennes.

« 27 août 2005. Dernier galop dans la plaine arasée de l’été déjà finissant. Dernière cueillette de mûres, et l’Eaubac gourmand qui s’arrête le long des haies épineuses et incline sa tête curieuse vers ma main gorgée de juteuses douceurs. Dernière plongée dans les sous-bois où je serre si fort et embrasse son encolure de velours pour éviter les branches basses et le laisser m’emmener, comme un fils donne la main à son père. Dernier trotting sur les petites routes, et je ferme les yeux, et je ne vois qu’avec mon corps en lévitation, et j’oublie tout, bercé par le rythme cadencé des fers sur le macadam tiède. Derniers frissons. Dernière promenade amoureuse, animale, végétale, sous un ciel d’accompagnement, dans une lumière d’autrefois qui lentement décline. »

L’Ecuyer mirobolant, Paris : Gallimard, coll. folio, 2010, 192 p.

Portrait du Capitaine de cavalerie Étienne Beudant, surnommé ‘l’écuyer mirobolant’ par le Général Decarpentry.

« En équitation comme dans l’armée, Etienne savait combien c’eût été vain de vouloir casser les rebelles, soumettre les acariâtres, et qu’il était impossible d’atteindre la légèreté par la force, le brillant par la colère. Même les étalons les plus impérieux, il ne les avait pas combattus. Au contraire, il n’avait eu de cesse de vouloir les comprendre pour mieux s’en faire des alliés. Quel que fût le cheval, il n’aspirait qu’à se passer des aides. Il rêvait en effet de régner sans poids ni appuis, par le seul souffle de la botte, la caresse du cuir et la profondeur de l’assiette. Monter n’était plus alors une activité physique, c’était une pensée pure, un acte de foi. »

Galops : perspectives cavalières II, Paris : Gallimard, coll. folio, 2013, 192 p.

Où il est question de lever l’hippothèque et de manège intime, où l’on admire les équidés seigneuriaux de Géricault et les percherons de Rosa Bonheur, où l’on monte les cinq mille dadas de Flaubert et l’on philosophe avec Bartabas, où l’on réfléchit à la relation qui unit l’homme au cheval et l’on éperonne les arts au passage. Tel est Galops, exercice de voltige littéraire avec chevaux.

 

N.B. : ne sont ici présents que ses ouvrages ‘équestres’. Les ouvrages de Garcin ont fait l’objet de réédition chez Gallimard dans la collection folio mais aussi en collection blanche.

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