Hans Günter Winkler & Halla – Stockholm 1956

Dans le stade olympique de la ville, Nelson et ses équipiers prennent une très honorable quatrième place, mais assistent surtout au sacre du célébrissime Allemand Hans Günter Winkler, devant les frères d’Inzeo pour l’Italie. Raimondo devançant Piero. Un moment de sport qui l’a littéralement bluffé. Il raconte :

‘Hans Günter Winkler m’a toujours fasciné, c’est un ami et c’était un champion à l’ego surdimensionné. On peut dire qu’il s’agissait de la première véritable star des sports équestres. Son sacre à Stockholm est à mes yeux l’une des deux plus grandes performances de tous les temps. L’autre étant l’œuvre de Ted Edgar qui a gagné le si difficile derby d’Hickstead en ne montant qu’avec une seule main valide, l’autre bras étant cassé et plaqué contre son torse…

A Stockholm, Winkler montait une grande championne, Halla, calibrée pour gagner les grands championnats. C’était une vraie machine de guerre, une complice extraordinaire. Le parcours de la première manche était difficile et le terrain mauvais. Sur l’avant-dernier obstacle, la jument donne un gros coup de saut et sort violemment Hans de la selle. Il faut dire qu’il n’avait pas une équitation très fixe avec ses étriers attachés et une position spectaculaire. Il fait alors un  effort colossal pour se remettre en selle et se déchire les adducteurs. Puis commet une faute sur le dernier obstacle mais termine son parcours. A ce moment-là, s’il déclare forfait en deuxième manche, l’équipe allemande est éliminée car le règlement n’autorisait alors que trois cavaliers au départ. Comme ils avaient de réelles chances de médailles, Hans s’est décidé à monter malgré la douleur qui l’étourdissait.

Aujourd’hui, ce serait tout bonnement impossible, le test doping exploserait vu le nombre d’anti-inflammatoires ingurgités… Je le revois encore démarrant son parcours puis, dès le premier saut, cette impossibilité d’accompagner sa jument au plané, tant la douleur était vive. Il se rejetait en arrière et laissait ses rênes se rallonger sur chaque obstacle. Ce fut un parcours tout simplement hallucinant… Halla quant à elle était incroyable de sang-froid et de générosité. Ils finissent sans faute, l’Allemagne est championne olympique et lui décroche l’or de la bravoure…’

Le couple s’adjugera dans la foulée la médaille d’or individuelle. Halla glanera encore l’or par équipes aux Jeux olympiques de Rome en 1960 avant de prendre une retraite méritée. A sa mort en 1979, à l’âge vénérable de 34 ans, le Fédération allemande décidera en hommage à cette jument exceptionnelle de bloquer son nom pour qu’il n’existe jamais plus d’homonymes.

 

Sabrine DELAVEAU, Tu seras cavalier mon fils : la saga Pessoa, Monaco : Rocher, 2012, pp. 19-20.

À noter : j’ai effectué plusieurs retours à la ligne, non présents dans le texte original, afin de faciliter la lecture.

 

Vidéo de WarwickRex

Publicités