Le centaure, une notion concrète

« Votre rapport à deux atteint une certaine complicité, sur six à dix ans. A ce moment là on arrive à la notion de centaure qui pour moi est très concrète. C’est quelque chose d’assez grisant parce que le cheval devient vraiment une partie de vous-même. Quand vous marchez vous ne pensez pas ‘j’avance le pied droit, j’avance le pied gauche’, vous marchez. A cheval, je pense un mouvement et le cheval l’exécute. Pourquoi ? Parce qu’on a construit ensemble un code et instinctivement, si je pense par exemple à un départ au galop sur le pied gauche, mon corps va se placer d’une certaine manière, mon poids va se mettre sur la fesse gauche… je vais ne serait-ce que penser au mouvement, le cheval va le ressentir et l’exécuter. »

Bartabas, La Leçon de l’écuyer, adapté par Marion Floras, Avignon : Presses Universitaires d’Avignon, coll. Entre-vues Leçons de l’Université, [3e éd.], 2008, p. 32. Texte issu de la Leçon donnée par Bartabas le 12 juillet 2006 à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse.

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